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Hémorroïdes : ce qui soulage, ce qui ne change rien, et quand consulter

Une crise hémorroïdaire se traite d'abord par le transit et les soins locaux. Les signes qui imposent un examen, et pourquoi il ne faut jamais attribuer un saignement aux hémorroïdes sans avis.

7 min de lecture

Information générale. Ce texte ne remplace pas une consultation et ne constitue ni un diagnostic, ni une prescription. Les médicaments évoqués sont soumis à prescription médicale en France : seul un médecin peut évaluer s’ils vous conviennent.

Les hémorroïdes ne sont pas une maladie : ce sont des structures vasculaires normales, présentes chez tout le monde, qui participent à la continence. On ne parle de pathologie que lorsqu’elles se dilatent, s’enflamment ou saignent.

C’est extrêmement fréquent, et souvent mal pris en charge parce que peu de gens en parlent.

Deux formes, deux tableaux

Les hémorroïdes internes siègent au-dessus de la ligne pectinée, dans une zone peu innervée. Elles saignent — typiquement du sang rouge vif après la selle — mais font rarement mal. Elles peuvent, selon le stade, faire saillie à l’effort et rentrer seules, ou nécessiter d’être réduites.

Les hémorroïdes externes siègent sous cette ligne, dans une zone richement innervée. Elles font mal. La complication classique est la thrombose hémorroïdaire : un caillot se forme, provoquant une tuméfaction bleutée et une douleur vive, d’apparition brutale.

Les deux tableaux n’appellent pas la même conduite, ce qui est déjà une raison de faire examiner plutôt que de deviner.

Le premier traitement n’est pas un médicament

C’est le transit. La constipation et les efforts de poussée sont le principal facteur d’entretien, et les corriger fait plus que n’importe quelle crème.

Concrètement :

  • Augmenter les fibres progressivement — trop vite provoque ballonnements et gaz.
  • Boire suffisamment : des fibres sans eau aggravent la constipation.
  • Ne pas forcer, et ne pas rester assis longtemps sur les toilettes. Le téléphone aux toilettes est un facteur de risque parfaitement documenté par les proctologues.
  • Aller aux toilettes quand l’envie vient, sans la différer.
  • Bouger : la sédentarité ralentit le transit.

Ces mesures paraissent dérisoires face à une douleur aiguë. Elles sont pourtant ce qui détermine si la crise reviendra.

Le soulagement de la crise

Les soins locaux : toilette douce à l’eau, sans savon agressif, séchage par tamponnement. Les lingettes parfumées entretiennent l’irritation.

Le froid sur une thrombose externe réduit la douleur.

Les topiques vendus en pharmacie — crèmes et suppositoires — soulagent les symptômes. Ils ne suppriment pas la cause. Ceux contenant un corticoïde ne doivent pas être utilisés longtemps.

Les veinotoniques par voie orale sont largement prescrits en crise. Leur niveau de preuve est modeste et leur remboursement a été revu à la baisse en France pour cette raison.

Les antalgiques usuels aident. En revanche l’aspirine et les anti-inflammatoires peuvent favoriser le saignement : demandez conseil.

Les signes qui imposent une consultation

Ceci est la partie importante de ce texte.

  • Tout saignement qui se répète, ou qui survient après 45-50 ans.
  • Du sang mêlé aux selles, ou des selles noires.
  • Un changement durable du transit — alternance, selles plus fines, urgences nouvelles.
  • Une douleur intense d’apparition brutale.
  • De la fièvre, une masse dure, un écoulement.
  • Une anémie, une fatigue inexpliquée, un amaigrissement.

La raison est simple et sérieuse : d’autres affections saignent de la même façon, dont des lésions coliques et rectales que le dépistage cherche précisément à trouver tôt. Attribuer un saignement aux hémorroïdes sans examen est l’erreur qui fait perdre des mois.

Un examen proctologique est bref, se fait en consultation, et lève le doute.

Au-delà des mesures simples

Quand les crises se répètent malgré une bonne hygiène de vie, le proctologue dispose de traitements instrumentaux réalisés en consultation — ligature élastique, sclérose, photocoagulation — et, pour les stades avancés, de techniques chirurgicales.

Ce sont des gestes courants, et il n’y a aucune raison de les repousser pendant des années par gêne.

Grossesse et post-partum

C’est une période à très haut risque, par la pression abdominale et la constipation. La prise en charge existe et tient compte de la grossesse et de l’allaitement : ne prenez rien sans avis, y compris en automédication, mais ne restez pas non plus sans rien dire.

Où consulter

Votre médecin traitant est le premier interlocuteur, y compris pour les sujets qu’on n’ose pas aborder. En cas d’urgence, appelez le 15 ou le 112. Pour une question sur un médicament, votre pharmacien répond gratuitement et sans rendez-vous.

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